Le Journal de Gnafron

23 novembre 2011

Du bois dont on fait les marionnettes...

Eva_JOLYFâchée contre les dirigeants socialistes, Mme Eva Joly les accuse, dans l’édition du Monde datée de ce mercredi 23 novembre, « d’être du bois dont on fait les marionnettes ».

Je présume que, disant cela, elle n’entendait pas leur faire un compliment. Et c’est pourquoi sa déclaration m’a plongé dans un abîme de perplexité. Et pis encore ! Depuis qu’on a lu ça, Guignol et moi, on se demande ce qu’on a bien pu faire à Mme Eva Joly pour qu’elle nous traite de si méchante façon et nous assimile aux prétendus socialistes qui dirigent le PS.

Ça fait maintenant plus de deux siècles, depuis que le Laurent Mourguet nous a créés, que Guignol et moi… En fait, notre pepa Mourguet, il m’a créé moi, Gnafron, plusieurs années avant d’inventer Guignol. Mais faut pas trop le dire à cause que Guignol y tient absolument à passer pour l’aîné ; bien qu’on sache tous les deux depuis longtemps qu’on ne peut plus trop compter sur un quelconque héritage… Qu’est-ce que je disais ? Ah oui, ça me revient. Ça fait plus de deux siècles que Guignol et moi on n’a pas décessé de s’immiscer dans les affaires publiques à grands coups de tavelle sur le coqueluchon de ceusses que font profession de tirer les ficelles. Et on fait feu de tout bois ! Quant à nos rapports avec le négoce, y se sont toujours limités à la profession de marchand de coups de bâtons, que l’on s’emploie à honorer, chaque fois qu’on n’est pas occupé à vider nos pots de Côtes au Comptoir du Père Coquard.

Elle devrait le savoir, Mme Eva Joly, si elle veut faire présidente de la République. On compte sur les journalistes bien intentionnés (y paraît qu’il y en a encore) pour le lui rappeler. Parce qu’on ne peut pas trop compter sur le Maire de Lyon… D’habitude j’écris le Merdelion, mais je crains que certains provinciaux de Paris ou d’ailleurs et quelques lecteurs du Monde ne comprennent pas ce surnom affectueux… Qu’est-ce que je disais ? ah oui ! Qu’on ne peut pas trop compter sur lui pour le faire, à cause qu’y refuse présentement de parler aux « Khmers Verts », comme il appelle les écolos, surtout particulièrement ceusses qui ne sont pas à sa dévotion. Faut dire que la dévotion, à Lyon, c’est pas rien. Surtout quand on tourne le dos à la colline qui travaille (celle qu’on nomme Croix Rousse) pour ne plus voir que la colline qui prie (celle qu’on nomme Fourvière). Ce qui est la position constante du Gégé Collomb. Venez donc y arreluquer par vous-même le 8 décembre ! Vous pourrez même l’accompagner porter son cierge à la basilique en souvenir du voeu des échevins des temps anciens d’autrefois.

Quoi qu’il en soit, Mme Eva Joly a été bien maladroite dans le choix de son expression à l’endroit des prétendus socialistes. Elle aurait dû dire « du bois dont on fait les flûtes ». On aurait apprécié et pis ç’aurait été très judicieux, rapport à la capacité des socio démocrates en question à manier le pipeau. Peut-être qu’elle aurait pu aussi dire « du métal dont on fait les girouettes ». Y me semble que ç’aurait pu convenir. On se serait chargé de préciser que pour ce qui concerne le Gégé Collomb… Maintenant que j’ai expliqué aux nigomèdes et autres benazets qui ne sont pas de Lyon, je pourrais peut-être écrire Merdelion... Qu’importe ! On se serait chargé d’expliquer que pour ce qui concerne notre Louis Philippe de l’Hôtel de Ville… C’est aussi un petit nom affectueux pour désigner le Gégé Collomb. Ça fait référence au Louis Philippe, le 1er, celui qui nous avait envoyé son fils héritier, en 1831, avec une armée de 10 000 hommes après que les canuts aient eu la mauvaise idée de prendre possession de la ville, par surprise, au seul motif qu’ils n’étaient plus d’accord pour continuer à mourir de faim sans rien dire et qu’ils prétendaient mourir en combattant puisqu’on ne leur permettait pas de vivre en travaillant… Bref, on se serait chargé d’expliquer que pour ce qui concerne le Merdelion (mais aussi d’autres du même tonneau, qu’y soyent d’Evry ou d’ici) la girouette, quelle que soit la saison, quel que soit le jour, quel que soit même le côté par où on la regarde, elle est toujours orientée à droite. Encore que ça, tout le monde, et même Mme Eva Joly, devrait s’en être aperçu…

Bon, voilà, Guignol et moi, on espère que désormais Mme Eva Joly évitera de faire des comparaisons mal venues et désobligeantes pour les marionnettes.

Sur ce je m’ensauve à cause que je suis attendu pour un colloque de la plus haute importance au Comptoir du Père Coquard.

A la revoyure !

Et d’ici là, tâchez moyen de vous bien porter… et de boire frais. Si faire se peut.

 

Gnafron

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02 juin 2011

gnafron4

 

 

 

 

"Courez toujours après le chien, jamais ne vous mordra ;
  Buvez toujours avant la soif, jamais ne vous adviendra."
(Maître Alcofribas Nasier, alias François Rabelais)

Si vous voulez m'écrire, voici l'adresse :
gnafron.delyon@laposte.net
mais si c'est pour me dire des choses disagriables, autant les garder pour vous !
Gnafron

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"Les journaux appartiennent à des gens riches. Ces gens riches sont tous membres du même club. Bien sûr, il y a de la concurrence, une concurrence terrible pour la diffusion, les nouvelles à sensation, les scoops. Tant que ça n’entame pas le prestige, les privilèges et la position des propriétaires. Si c’est le cas, le couvercle est mis aussitôt."

 Raymond CHANDLER The long good-bye (Sur un air de navaja)

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08 mars 2011

Les relents nauséabonds qui envahissent depuis quelques jours ce qu’il reste de notre République m’ont incité à ressortir des archives un texte paru sur ce blog il y a pile un an.

Sale temps en vérité !

 

 

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A bas la calotte et les hypocrites, sacrés vains dieux !

Gnafron_des_villesDieu m’en est témoin, je ne peux pas piffrer les religieux !

J’aimerais encore mieux monter une empeinte par un escayer à noyau, ou ingurgiter, cul sec, deux pots de vin de Brindas, ou encore avaler un flacon entier d’huile d’Henri V, plutôt que de pactiser acque ces exploiteurs du genre humain. D’ailleurs, tous les chenus du comptoir du père Coquard vous le diront, je n’entame jamais mon deuxième pot de Côtes sans lever mon verre au cri de "A bas la calotte !".

Je crois qu’on peut pas se tromper sur mon compte, rapport à mon aversion viscérale pour l’opium du peuple.

Mais si je déteste les religieux de tous poils, j’exècre encore plus ceusses qui se délectent avec ostentation d’une haine spécifique pour une religion particulière. Dans les années 1930 et suivantes, ceux-là vomissaient sur les juifs. On sait ce qu’il advint de cette haine sélective. Au jour d’aujourd’hui, les mêmes, ou leurs héritiers, éructent contre les musulmans. Y a pas besoin d’être allé longtemps à la communale pour savoir ce que signifie cette haine disjonctive et l’effet qu’elle peut produire sur la marche de la République.

Pour tout bon républicain qui se respecte, qu’y soye des Pentes ou d’ailleurs, y a pas à barguigner : y faut rejeter également toutes les religions, sans distinction ni préférence, ou bien les accepter toutes.

 

A bas la haine sélective, sacrés vains dieux !

Gnafron

 

 

 

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13 janvier 2011

Lyonnaiseries et autres gandoises...

D_d__G_rinAFP - 12/01/2011 à 20:03

Présidentielle : André Gerin (PCF) officiellement candidat à la candidature
« Le député PCF orthodoxe du Rhône, André Gerin, s'est déclaré mercredi officiellement candidat à la candidature pour la présidentielle de 2012… »


Après Gégé Collomb candidat à la présidence de la République pour faire barrage à Aubry (et sans doute aussi à quelques autres), velà Dédé Gérin candidat pour faire barrage à Mélenchon… Y semble qu’on aura des gandoises et autres lyonnaiseries à regonfle dans les semaines qui viennent !

Sûr que l’initiative de l’ex-maire (et toujours député) de la République Populaire Autonome du Véniskan ne manquera pas de créer une émulation qui nous vaudra un cuchon de rigolades.

Y se murmure déjà que le Buna aurait déposé sa candidature à la succession de Benoît XVI… A ce train là, Guignol ne va pas tarder à postuler pour la présidence du FMI !

Gnafron

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14 avril 2010

PLAGIAT... EXCLUSIF !

J'ai lu avec intérêt que Le Progrès piquait ses informations "exclusives" dans les colonnes de LibéLyon. Ne voulant pas être en reste sur cette nouvelle technique journalistique, je me suis lancé dans la recherche du scoop exclusif chez les blogs concurrents. J'ai trouvé celui que je cherchais sur le blog du Petit Sainfoniard (Bulletin humoristique de l'actualité politique de Saint-Fons)... mais ne le répétez pas, c'est une info confidentielle et exclusive !

EXCLUSIF !

Lancée par le député de notre circonscription (le camarade André Gérin) la polémique sur le port de la burqa continue d’agiter le petit monde médiaticopolitique. Alors que chaque camp fourbit ses armes, dans l’attente du débat parlementaire, Le Petit Sainfoniard révèle, en exclusivité mondiale, un aspect jusqu’alors tenu secret.

Le projet de loi visant à interdire le port de la burqa sera complété par un décret qui définira les différents modèles de burqa afin de faciliter la mise en œuvre de l’interdiction par les services de police. Ainsi, certains modèles seront autorisés, ou tolérés, d’autres seront interdits en toutes circonstances. Il y aura même des modèles autorisés en fonction de la météo ou de la saison et des modèles réservés à la plage.

Le Petit Sainfoniard a pu se procurer, en avant-première, les photographies de différents modèles qui seront annexées au projet de décret.

burqa_interdite

Burqa interdite en toutes circonstances


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Burqa autorisée en toutes circonstances


Coiffe_de_burqa_pour_jours_de_pluie

Burqa autorisée les jours de fortes pluies


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Burqa autorisée sur la plage

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06 avril 2010

Guilherme Hauka-Azanga

LyonLibeY a des jours, et même des semaines, où l'actualité ne se prête pas aux gandoises et autres gognandises, qu'elles soyent de Lyon ou d'ailleurs.
Si vous voulez savoir où en est l'Etat de droit d'un pays qui aime à se présenter comme le pays des Droits de l'Homme, je vous invite à faire un tour sur le site de LibéLyon (cliquer ici).
...
ça se passe tout près d'ici, à Myrelingues la Brumeuse (pour le coup bien mal nommée) en l'an de grâce 2010 ; un dénommé Sarkozy (petit fils d'immigré amnésique) étant Président de la République...
Heureusement, quelques parents d'élèves ont décidé de montrer à leurs enfants qu'ils entendaient demeurer des Citoyens à part entière dans cette République malmenée.
Merci à eux.

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09 mars 2010

Velà Héraclès...

Heracl_s_et_Aulas


"Gérard Collomb nettoie les écuries d'Aulas".

Libé Lyon (9 mars 2010)





Et velà la dernière : Gégé Collomb, le Louis Philippe de l’Hôtel de Ville, se prend pour Héraclès, celui-là qu’a nettoyé les écuries d’Augias. Y manquait plus que ça ! Déjà que le Merdelion avait tendance à se prendre pour son logarithme, si maintenant, en plus, y se prend pour le fils de Zeus, pour un demi dieu de l’Olympe… Ça promet ! A ce rythme là, on va bientôt devoir lui faire élever une statue.

Remarquez qu’à quelque chose malheur est bon ; parce qu’une statue du Héraclès, y en a justement déjà une sur la façade de l’Hôtel de Ville (Si, si, je vous assure, elle est sur la façade ouest, celle qui donne sur la place des Terreaux. Vous pouvez pas vous tromper, c’est la statue qu’est à côté de celle de Minerve, juste au dessus de la sculpture d’Henri IV, laquelle a remplacé l’œuvre de Chinard à la gloire de la République, lors de la Restauration, et qui, depuis, y est restée, comme bien s’accorde, en ces temps si peu républicains). Petêtre donc que ça nous dispensera de devoir lui offrir une nouvelle statue, spécialement à sa gloire, au Merdelion. Ça sera toujours ça d’économisé sur les phynances municipables…lesquelles, à ce qu’y paraît, ne sont pas brillantes. A preuve, y a qu’à voir l’état des rues des Pentes que sont plus encombrées d’équevilles que ne l'étaient les écuries d’Augias. Et même que ce serait bien utile qu’un nouvel Héraclès vienne un peu y lentibarner…

Gnafron

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"J'écris pour tout le monde, mais pas pour n'importe qui."

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06 mars 2010

"Souvent les gens ont du mal à le croire, mais les personnes comme moi existent bel et bien. En tout cas, moi, j'y crois."
Alain Turgeon (Alain Turgeon, un noteur)

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01 mars 2010

Les zécritures de mon voisin

Gnafron_p_juMon voisin du cintième, qui ne s’est jamais acheté de pendule, ni même de réveil, à cause que depuis son garni y regarde par-dessus la rue Ste Catherine et qu’en se penchant un peu y peut voir l’heure au clocher de l’Hôtel de Ville ; mon voisin du cintième, qui me sert parfois de préfacier à cause qu’il a ses entrées dans une maison d’édition des bords du Rhône depuis qu’il y fit publier, il y a quèques années, un ovrage sur l’histoire de notre quartier du bas des Pentes ; mon voisin du cintième, disais-je, qui était si tant admiratif des perruques colorées de Mme Renée, mais qui n’a pas su lui dire plus de trois mots durant toutes ces années qu’elle tenait sa vitrine sur la place des Capucins et qui a été bien soulagé que sa voisine de palier (c'est-à-dire notre voisine du cintième à gauche en montant) pense à lui faire porter des fleurs, en notre nom à tous, à cette pauvre Mme Renée, quand elle a été conduite à l’hôpital, quelques semaines avant de défunter, et même qu’elle en a pleuré tout le jour, elle qui jamais ne reçut le moindre bouquet de la part de tous ces hommes qui, quotidiennement, lui déclaraient leur amour ; mon voisin du cintième, donc, m’a adressé, avant-hier, un morceau de ses écritures à propos d’un nouvel épisode des aventures picrocholines du Gégé Merdelion et de son alcoolyte de la région Rhône Alpes. Je ne suis pas sûr que les zécritures en question vaillent mieux que les gandoises du père Coquard, mais, bon, je vous les livre quand même, en vous laissant le soin d’en faire l’usage que vous voudrez…

Gnafron

Faire converger la gauche…

…ou quand les féodaux se piquent de « modernité »…

Le quotidien Libération, dans son édition du 23 février 2010, publie une tribune intitulée "Faire converger la gauche". Les signataires (parmi lesquels on trouve François Rebsamen, Gérard Collomb et Jean-Jack Queyranne, tous partisans de Ségolène Royal et soutiens de Georges Frêche) entendent faire œuvre de modernité et rompre avec le conformisme en indiquant les choix qui "marqueront notre véritable entrée dans le XXI° siècle".

Il paraîtrait ; à en croire ces nouveaux oracles ; que, désormais "la question démocratique gouverne la question sociale". Voilà qui est quasiment "révolutionnaire" de la part d’élus qui semblaient appartenir au parti socialiste, ou, à tout le moins, en avoir la carte…

Les quelques uns qui s’intéressent encore à la politique en tant que démarche d’organisation de la société ; et non comme une catégorie de spectacle de variétés (ou une survivance de pratiques féodales) ; ne manqueront pas de s’étonner que des membres d’un parti nommé socialiste puissent voir dans la question sociale un élément second, une résultante (autant dire un épiphénomène) et non plus le point central, la question qui détermine toutes les autres.

Peut-on espérer que d’aucuns se souviennent que l’essence même du socialisme est, précisément, l’affirmation de la primauté de la question sociale ?

Nos "modernes" oracles nous proposent rien de moins que de revenir aux théories en vogue dans les premières années du XIX° siècle, aux théories antérieures à la révolution de 1848. C’est dire s’ils sont modernes ! Ce sont des "socialistes" du temps d’avant qu’ait été conçu le socialisme !

On pourrait se contenter d’en rire, si la démarche prétendument moderniste de nos féodaux "socialistes" ne s’inscrivait pas dans un mouvement réellement réactionnaire (au sens strict du terme) et portant une formidable régression. Celle de tenir pour immuables et indépassables les inégalités sociales que génèrent les antagonismes de classe. Bons princes, ils nous proposent cependant de les maintenir dans un cadre rénové et avec la participation de tous.

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"Epistolaire, et pis c'est tout !"
Philippe Collin (La cellule de dégrisement/France Inter)

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26 février 2010

Prison moderne, prison modèle ?

Prison___Corbas

Dans son édition du 25 février, LibéLyon a publié un très bon article sur la prison "moderne" de Corbas. Le même jour on apprenait le suicide d’un détenu. Le troisième dans cette prison "moderne" que le Ministère de la Justice a présenté comme un "modèle" des bonnes conditions de détention…
Lien vers LibéLyon
 

C'était, je crois, dans les années 70 que François Béranger chantait :
"Les temps bénis sont morts où c'était pas miracle
Quand on était taulard de pouvoir bavarder
Avec des gardiens même si c'était des chiens.
Un gardien ou un chien c'est quand même plus humain
Que des portes électriques des camisoles chimiques… "

François Béranger est mort et il y a de plus en plus de prisons "modernes". On en a même construit une, dédiée spécialement aux enfants. C'est tout près d'ici, à Meyzieu, pas loin de l'emplacement d'un futur stade de foot. Même qu'on en parle beaucoup... du stade. Pas de la prison "moderne" pour enfants ! Enfin, parfois. Quand un gamin de 16 ans trouve le moyen de se pendre...

Comme disait, jadis, un chroniqueur de la TSF : "On vit une époque moderne"... il ne reste plus qu'à inventer le progrès !

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22 février 2010

La saint Modeste

G_g__M_galo

"Le sénateur-maire socialiste de Lyon, Gérard Collomb, se rendra mardi à Montpellier pour afficher son soutien à Georges Frêche.. " (Libé Lyon 20/02/2010)




Et velà le résultat ! Y suffit que je m’absente trois jours et le Gégé Merdelion fait une connerie ! Déjà que quand je suis là, la crainte de prendre un coup de tavelle sur le coqueluchon ne le dissuade pas toujours d’en faire une… mais dès que j’ai le dos tourné y peut pas s’empêcher d’en faire une grosse. C’est à croire qu’il le fait à l’esqueprès. Maginez-vous ce qui se passerait si jamais je venais à défunter. Sûr que le monde irait de Carie en Syllabe ; comme disait mon pepa Mourguet (qu’était lettré et dentiste de son état). Le Gégé y croit qu’y peut faire sans moi, mais la preuve que non… A peine je m’absente trois jours et le velà qui annonce qu’y va aller soutenir le Frèche de Septimanie pour faire barrage aux socialisses. Je lui avais pourtant bien expliqué au Gégé : y faut voir à pas confondre la mégalomanie et le talent. Parce que si l’une est contagieuse, l’autre non. Et pis surtout, le fait d’avoir de l’une à regonfle ne garantit pas d’avoir une once de l’autre… Mais bon, je lui réexpliquerai cela après-demain, au Gégé, vu qu’après-demain c’est le 24 février et que c’est notre fête à tous les deux, au Gégé et à moi, attendu que le 24 février, c’est la Saint Modeste…

Gnafron

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13 février 2010

Google and Co...

Gnafron2Sous couvert d'une numérisation censée permettre une "démocratisation" du savoir, Google s'accapare les ouvrages des bibliothèques européennes (et même de la bibliothèque municipale de Lyon !). Par ailleurs, les universités américaines stockent des millions d'ouvrages du monde entier. Vous aurez sans doute du mal à croire que mon ouvrage "Gnafron journaliste" est disponible dans l'une de ces universités. Et pourtant c'est le cas. Je me demande bien ce que les Etats-Uniens peuvent attendre de mes zécritures et même ce qu'ils peuvent comprendre du langage yonnais. Bien évidemment cela ne doit rien au hasard. Il s'agit bien d'une démarche délibérée. Alors que je m'interrogeais sur son sens, je me suis souviendu d'une phrase de Manuel Vazquez Montalban, issue d'un de ses ouvrages (Les thermes) publié en 1986.

" Voyez comme les américains sont malins. Ils sont garants de la contre-révolution universelle, c'est à dire qu'ils seraient très contents si nous mettions fin à l'histoire. Ils contrôlent l'histoire et se disent que c'est le moment d'en finir. Et ce sont ces gens, qui sont les plus anti-historiques qui soient, qui se retrouvent avec toute la mémoire culturelle et politique de l'humanité. Dans quelques décennies, nous serons de parfaits colonisés."

Manuel Vasquez Montalban (Les thermes)

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04 février 2010

Si c'est dans Le Progrès....

Le_ProgresVelà que Le Progrès, jadis "journal républicain", redécouvre l’insécurité, évidemment grandissante, comme bien s’accorde, à l’approche des élections…

La Une de son édition « Est lyonnais » de ce jeudi 4 février 2010, ne comporte qu’un seul titre : "Les feux de voitures augmentent à Saint-Priest", accompagné d’une photo grand format en couleurs où l’on voit deux pompiers devant une voiture calcinée et encore fumante… sur une plage enneigée ! Même les plus casaniers des Yonnais, et jusqu’aux tarabates de la Croix-Rousse, savent que Saint-Priest, commune de l’est lyonnais, est située à quelques centaines de kilomètres de la première plage… et qu’il n’y coule pas même le moindre affluent du Rhône ou de la Saône. Ça fait rien, la photo est impressionnante ! Mais le plus impressionnant à mon goût c’est qu’en lisant le texte, écrit en petits caractères, après le gros titre et la grande photo en couleurs, on apprend que "les statistiques 2009 pour la ville de Saint-Priest montrent une baisse significative de la délinquance générale (-6%) et de la délinquance de proximité (-9%)…" Mais comment se fait-ce, alors, que le titre du journal en question n’est pas « La délinquance baisse à Saint-Priest » suivi d’une grande photo en couleurs… ? C’est sans doute à cause que le journaleux de service n’a pas trouvé la photo qu’aurait fait une bonne illustration du titre… Sûrement. Quoiqu’il aurait pu mettre une photo de la plage de Palavas-les-Flots au mois d’août ; ça n’aurait pas été plus ridicule que la photo des deux pompiers au bord de la plage enneigée…

Dans les pages intérieures de cette même édition du Progrès, on apprend que les policiers municipaux sont en grève, ce jeudi 4 février. Cette information, qui occupe déjà tout la page 3, est reprise dans la page locale de Saint-Fons, commune du sud-est lyonnais, acque le titre suivant : "Police municipale : hier soir, aucun gréviste annoncé à Saint-Fons". Ah bon ? Mais pourquoi, alors, avoir choisi cette commune pour illustrer la grève des policiers municipaux si, précisément, aucun des policiers de cette commune n’est en grève ? C’est sans doute à cause de ce qu’on peut lire dans le deuxième paragraphe de cet article : "Pourtant, 70 à 75% des 27 agents sainfoniards (ça ce doit être l’adjectif que désigne les habitants et aussi les policiers de cette commune) mènent, depuis plusieurs semaines, en guise de protestation, la grève de l’amende forfaitaire." Alors là, le lecteur, du moinsse celui qui n’a pas trop abusé des pots de Côtes, s’écrie : "Y sont gonflés à la mairie de Saint-Fons de dire qu’y a pas de grévistes alors qu’y en a 75% !" Vouais, mais c’est là que le bât blesse. Maginez-vous que, renseignement pris, il n’y a strictement aucun policier en grève à Saint-Fons ce jeudi 4 février 2010 et pas davantage au cours des « plusieurs semaines » qui ont précédé ! Impressionnant, non ? C’est sans doute à cause que le journaleux de service avait oublié de payer son abonnement de téléphone et que, conséquemment, comme bien s’accorde, il n’a pas pu, malgré son envie pressante, vérifier son information…

Décidément, nous autres, pauvres journalistes, nous fesons un métier bien hasardeux… Y suffit de peu de chose, de presque rien, pour qu’on passe à côté de la vérité, sans même le faire à l’esqueprès. Y suffit qu’on ne se rappelle plus où ce qu’on a rangé la photo de cet été à Palavas-les-Flots, ou bien qu’on ait pas eu assez de pécuniaux pour payer son abonnement de téléphone, et patatras !… on annonce des nouvelles que sont de traviole, tout autant que l’était, aux temps anciens d’autrefois, la Tour Pitrat juste avant qu’elle s’abouse sur le brave monde.

Bien évidemment y se trouvera bien quelques fourachaux malintentionnés, sans compter les tarabates de la Croix Rousse, pour s’imaginer que ces informations de traviole ont un rapport acque le fait que les villes de Saint-Priest et de Saint-Fons sont, l’une et l’autre, dotée d’un maire socialisse. Mais ce serait oublier que Le Progrès est un journal républicain… Du moinsse qui l’était quand il rendait compte de ce magnifique feu d’artifice que l'on tira pour célébrer l’inauguration de la ficelle de la place Croix Paquet, le 12 avril 1891 à vingt-et-une heure.

Gnafron

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24 janvier 2010

Gégé flingueur...

Dans l'édition de LibéLyon datée du 22 janvier 2010, le gone Olivier Bertrand (qui est l'un des rares à tenter de faire du journalisme dans cette feuille jadis de gauche) nous révèle les échanges acrimonieux entre le Gégé Merdelion et à sa camarade socialisse Nathalie Perrin-Gilbert, maire du 1er arrondissement. Y s'en suit, toute une série de commentaires où les supporters de l'une et de l'autre s'emploient à souligner les mérites ou les turpitudes de l'un ou de l'autre... Je vous laisse le soin d'aller voir, acque vos propres quinquets, ce dont y s'agit, à l’adresse suivante : http://www.libelyon.fr/info/2010/01/politique--.html 

Bref, comme disait un ami de ma connaissance, "ce qu'il y a de bien au PS, c'est qu'on peut dire du mal de tout le monde, ça fait toujours plaisir à quelqu'un..." (Encore que je ne soye pas convaincu qu'y s'agisse là d'une spécificité du PS...). Cette avalanche de commentaires belliqueux m'a incité à y mettre mon grain de sel.

gnafron4Pour moi, parsonnellement, y ne me semble pas que l'on puisse faire de Mme Nathalie Perrin-Gilbert un modèle de l'action politique. Faut dire que j'habite dans son arrondissement (celui dont elle est maire...) et qu'il m'est arrivé de la croiser et même d'échanger avec elle sur la chose publique. Le moins que je puisse écrire, c'est que je n'en ai pas gardé que des souvenirs impérissables... A l'évidence nous ne partageons pas exactement la même conception de l'engagement politique. Mais, par ailleurs, d'un autre côté, y faut aussi lui reconnaître des prises de position très fermes et qui méritent le respect ; je pense notamment à ces interventions au sujet des sans-papiers et son soutien à ceusses de mes voisins qui se sont courageusement engagés aux côtés du Réseau Education Sans Frontière. Bref, elle ne me semble mériter ni les excès d'honneur ni les indignités que l'on peut lire ici ou là.
Quant à Gégé 1er, y me semble qu'y devrait faire preuve de plus de prudence en se lançant dans les attaques personnelles et en se référant à des histoires anciennes qu'il réécrit à sa façon. Y serait sans doute bien inspiré de se rappeler que l'un des premiers films des frères Lumière s'intitulait "l'arroseur arrosé"...

Le Gégé, il a pas toujours été le Merdelion, il a connu des périodes moins glorieuses. Maginez-vous que quelques tarabates, mal intentionnés, se lancent, en suivant son exemple, à raconter des histoires plus ou moins inventées sur le temps où le Gégé comptait sur les autres pour vivre de la politique...

Petêtre qu'y serait temps de passer à d'autres méthodes et d'en finir acque les ragots et les calomnies.

Bon, assez de chianlages ! on va se grouiller le poil des jambes, arrêter de se focaliser sur les ceusses que font profession de tirer les ficelles et tâcher moyen de se rappeler que la politique c'est pas réservé aux quéques uns qui en vivent !

Vive la Sociale... et les pots de Côtes !

Gnafron

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03 janvier 2010

Y a qu'ça qui m'intéresse...

presse_de_comptoirXcusez de parler de moi, mais y me semble qu’y faut rappeler à quéques-uns (et pas seulement au gone Claude Marinier, qui m’accuse de me cacher derrière un pseudo…) que Gnafron, qui  a été créé, velà plus de deux cents ans, par un arracheur de dents nommé Laurent Mourguet, n’a pas décesser, depuis, de tenir la plume.

On ne compte plus, à Lyon, les journaux qui ont porté son nom. Y avait ainsi, à Myrelingues-la-brumeuse, en 1865, sous l’Empire qui, comme chacun sait, n’aimait pas les républicains, une feuille républicaine, nommée « Le journal de Gnafron, cousin de Guignol » et pis, cinq ans plus tard, on vendait à la criée, « Gnafron, journal de la révolution ». Y semblerait que l’iconoclaste André Steyert n’y ait pas été totalement étranger… Tout ça pour rappeler à ceusses qu’ont la mémoire oublieuse, que ça fait belle lurette qu’entre Rhône et Saône des « anonymes » se succèdent pour faire vivre le premier personnage de Mourguet. Comme écrivait l’un d’eux : « N’est-ce pas aux marionnettes de se faire journalistes, quand tant de journalistes se font marionnettes ? ». … J’écris pas ça pour Olivier Bertrand, qui a déjà eu maintes occasions de montrer qu’y pouvait aussi se faire marchand de coups de bâton … (je précise, pour les quéques-uns précédemment cités, que cette expression là est le titre d’une pièce du thiâtre de Mourguet).

Bon, brèfle, je vais pas en faire toute une histoire, mais c’est un fait que, depuis deux cents ans à Lyon, des « anonymes » se relaient pour faire vivre l’esprit du petit peuple yonnais à qui Mourguet avait donné un thiâtre. Y a en eu tout un cuchon de ces « anonymes », certains plus célèbres que d’autres, et même des qu’ont donné leur nom à des rues de la ville. Y a ainsi, sur le plateau de la Croix-Rousse, une rue que descend vers le Rhône que porte le nom d’état civil de l’un des plus célèbres de ces « anonymes » et que signait ses textes Catherin Bugnard (sans doute à cause qu’y buvait pas assez de pots de Côtes pour oser signer Gnafron). Y en a eu aussi un, que l’Académie du Gourguillon nommait Benoît Lerégent, et qu’était, par ailleurs, Monseigneur, Président de la Congrégation pour la Propagation de la Foi et aumônier de la Société des amis de Guignol. Sans même parler de Nizier du Puitspelu qu’a signé le Dictionnaire de la Grand’ Côte, alors que dans le même temps, sous un nom plus prosaïque, y fesait les plans de l’église du Bon Pasteur (à laquelle y manque toujours les escayers, mais ça n’a rien à voir acque les écritures de Nizier, lequel n’était pas non plus celui qu’a donné son nom à l’église de la presqu’île…).

Bien sûr, par après, ça un peu changé et les « anonymes » des temps d’aujourd’hui n’ont pas toujours, malgré leur volonté de bien faire et leur dévouement désintéressé à la cause publique, le même talent que leurs prédécesseurs. Mais au moins y essaient… Y tâchent moyen de porter le relais, en attendant que de plus talentueux viennent poursuivre l’ovrage en question.

Pour en finir, qu’importe si c’est Pierre, Paul, Jacques, André, Justin, Joseph ou un quelconque gone, ou une discrète fenotte, qui met sa main dans le fourreau de la marionnette que Laurent Mourguet inventa pour distraire son peu de clients… Ce qui compte c’est que celui-là, ou celle-là, s’emploie à transmettre le peu qu’il reste de l’esprit des gens du petit peuple yonnais qu’étaient, aux temps anciens d’autrefois, de sacrés tarabates que n’omettaient jamais de tendre le pied à chaque fois que passait dans leur parage un gendarme ou un de ceusses que font profession de tirer les ficelles…

A la revoyure !

Vive la Sociale… et les pots de Côtes !

Gnafron

Posté par gnafron à 21:56 - Gnafron journaliste - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

27 juin 2009

J’ai reçu, sur ma messagerie électronique, une histoire que m’a envoyée le Jean Belu, que souhaite vous la raconter, dans l’espoir que vous l’apprécierez.
Je vous la livre donc derechef ci-dessous, avec d’autant plus de plaisir que je n’ai, moi-même parsonnellement, plus le temps de tenir la plume du Journal de Gnafron, à cause que j’ai du travail à regonfle et, qu’en plus, j’ai aussi une nouvelle voisine qu’y faut que j’aide à emménager et pis aussi à renseigner sur tout un cuchon d’autres choses, attendu qu’elle vient d’un pays de l’estranger, qu’elle est très jeune et très chenuse... et qu’y faut bien s’entraider.

Gnafron

Un sacré charivari.

Bien le bonjour à vous, chenuses colombes et gentilles fenottes. Salut les gones et braves mamis…

Celle que je vais vous bajafler, si vous en voulez bien, remonte aux temps anciens d’autrefois. Quand même pas ; comme disait le Touane Favre ; du temps où Jésus Christ était garde champêtre à Saint Julien sur Bibost. Non, quand même pas !...Mais du temps où le grand père que je suis à cha peu devenu était encore un miaillon qui se propageait à quatre pattes.
Aujourd'hui, quand on parle de cette période, il est de bon ton de prendre un air grave en roulant des gobilles, comme un miron qui caque des mats de cocagne en travers. On dit généralement, après avoir regardé à gauche et à droite, c'était pendant les années sombres de l'occupation…
Allons, zenfants, restons sérieux ! A qui ferez vous croire que l'esprit lyonnais, l'esprit de Guignol qui rit de ses misères n'avait plus cours durant cette période. Les vieux, qui me l'ont racontée en se tapant sur les cuisses, en rient encore à se décrocher le râtelier bien des années plus tard. Ils le font en essuyant la petite larme au coin de l'oeil ; comme si qu'y zavaient des regrets de cette époque. Oui bien...Oui bien : c'était leur jeune temps et voilà...
La maison où s'est passée l'histoire, faisait comme un L majuscule à deux branches égales, elle avait cinq étages, presque un gratte-ciel pour l'époque. Il y avait bien sûr, point d'ascenseur et, si mes souvenirs me jouent pas des tours, quatre portes par carré.
La concierge habitait au rez de chaussée, une petite épicerie qu'elle tenait toute seule, son mari n'étant jamais revenu de la guerre de quatorze. Elle s’'appelait Mame Muche, la concierge, oui. Elle ressemblait franc à la meman du Michel Sardou, mais en catégorie poids lourd, si vous voyez ce que je veux dire. Une maîtresse femme, mame Muche, un caractère entier, qui fallait pas trop y aller contre ou alors ça tardait pas à y avoir des turbulence dues au déplacement d'air engendré par son gabarit d'artilleur. Attention à l'atterrissage accrochez vos ceintures. C'était clair et direct comme on dit chez nous avec délicatesse:Elle vous emballait pas rien la mouscaille dans du papier de chocolat.
Les gens, que sont de bien méchant monde, en disaient bien sûr pas des sucrées sur elle; mais dans son dos. Autrement elle te leur aurait carrément foutu une atousée pas piquée des artisons, un revire Marion à leur enlever les cigales qu'y zavaient dans le cotivet. Non mais...des fois?
Quand on la prenait mal -et fallait pas chercher beaucoup, pour le faire- on déclanchait sa voix de centaure. Que même les sirènes qui nous appelaient aux abris à coté de ça, disons pour comparer, c'était de la petite musique de nuit. Même la sentinelle des troupes d'occupation, fier guerrier casqué d'acier et botté de cuir qui gardait je ne sais plus quoi ,ou je ne sais plus qui, de l'autre côté de la rue, en restait agrogné au fond de sa cadolle et ne bougeait plus ni pied ni patte de son tabagnon en attendant la relève.
Voilà pour la mère Muche:on vous aura averti.
Au premier, habitait un couple particulier, du fait qu'ils étaient sourds et muets tous les deux, lui, relieur de son métier, artet en diable, roi de la dorure et du tranchefile. Elle, s'occupait de son ménage et comme elle s'y démenait en silence, c'est sûr que ça changeait avec toutes ces sampilles qui savent faire rien de rien sans faire aller le battillon, fumelles acariâtres sans cesse à gongonner après nous les zommes, pauvré diables qué nous sommes... comme dit la sansson. Souriante, gentille, démenette, une sacré fenotte, les anges du paradis à coté d'elle vous semblaient de vieilles poules à bouillir. Pensez : jamais un mot plus haut que l'autre et pour cause...enfin:quand même, soyons pas méchants.
Sur le carré du dessus, pil poil au dessus, logeait la famille Méru,le père,la mère et trois miaillons. Un cuchon de Méru que c'était : toujours à chougner, à courater,à jouer  aux gobilles à caca-boson dans les escayers, brèfle,on pouvait pas les louper. Comme à la cé ène cé effe: Attention, regardez avant de trabouler:un Méru peut en cacher un autre. Bref, comme disait Mame Muche : ça pilulait sec.
Le gilou, le lulu et la Suzon Méru. Oui, la Suzon, qu'on y disait cenpoton pour la faire bisquer parce qu'elle donnait un peu des airs à un petit barricot sur pattes. Elle avait des lunettes rondes et des kikis, c'était la mode les kikis, on avait pas un troc d'arton à becter, mais des rubans y nous en restait à Lyon alors longue vie aux kikis. La Suzon Méru, on aurait franc dit une Josyane Balasco en modèle réduit, sous un gros noeud papillon, un peu genre compression à la César -pas Jules non, l'autre, le recycleur- César Baldacintruc chose, le barbu qu'a fait le patineur acque des vieilles barafutes rouillées soudées au cétylène que j'aurais pas voulu payer les bouteilles... Quand on y voit, on se demande toujours comment que ça s'abouse pas. On dirait franc un éprouvantail qu'aurait marché sur un bouchon de limonade. Voui, voui ! De lare concomprend rien comme y disent! Que ça vaut des espinchaux pis des cabassées d'escalins à en faire peter la cachemaille de l'écureuil. Dire qu'on se tarabuste l'entendement en serchant quoi faire des équevilles !
Mais je m'éloigne, revenons à nos Mérus, on se croirait au jeu des sept familles. Bon... Le père, c'était une grignette, bronzé comme un claqueret avec une grosse moustache sous un crâne d'oeuf. Genre l'acteur de cinéma que je me rappelle jamais son nom...vous savez bien. Voilà : le Gérard Jugnot, en plus petit. Quand il arrivait, sa moustache le précédait, moustache en balayette qui lui valait des surnoms gratinés comme seuls les gones savent en donner, le plus poétique étant brossacu, allez donc savoir pourquoi?
La mère, elle, compensait par une surabondance mammaire qui nous éblouissait, la frêle constitution de son époux. Ce n'était pas sa moitié mais son double. Elle chérissait un miron faux jeton qui adorait se coucher de tout son long sur ce promontoire ne devant... et derrière aussi, rien au silicone. Bref quand vous saurez que les deux autres bénazets, le Gilou et le Lulu semblaient sous leurs bérets ronds bien emboîtés à deux bébés girolles toujours mâchurés et enchifrenés vous aurez fait connaissance avec la sainte famille.
L'histoire se passa par une nuit sans lune et sans alerte, bien après minuit. D'un seul coup, d'un seul, ça se mit à chapoter, à chapoter... Des badabims, des badaboums... De plus en plus fort, des coups énormes qui résonnaient dans les escayers, à croire un bombardement et pourtant personne avait entendu les sirènes. Un raffut du diable à réveiller les morts de Loyasse à la Guillotière en passant par Cusset et puis des cris, des cris à vous dresser le poil. Des cris abominables à vous lever la petariffe, une horreur de charivari. Personne n'osait bouger, tout le monde pensait aux verts de gris et après le couvre feu fallait pas rien les emmargailler les doryphores: y z'y appréciaient modérément. Because, l'esprit d'outre Rhin mon neveu…
Tout le monde reste agrobé au bardanier en priant la Marinette d'en Fourvière de faire cesser cette affreuseté, mais le déluge de coups continue, la maison en tremble. Si ça dure, tout va tomber en bave, c'est quasi la tour Pitrat infernable… Les derniers jours de Pompe… La charge de la brigade légère... La chenille de la vogue à Perrache… Reischoffen et du sicoti dans les houblonnières... Ou plutôt, comme y disent en Ecosse « le monstre d'Elliot-Ness»...
Alors là, guerre ou pas guerre, couvre feu ou quartier libre, .ça commence à bien faire et dans ce buildinge qui vacille et qui va tomber de Caraîbes en cirage. La mère Muche, la concierge qui n'aime pas bien qu'on la cherche, la mère Muche dis-je qui ne supporte pas qu'on lui vole son sommeil, saisit son balais et vêtue de sa robe de chambre qui a vu la grande guerre, a vraie, s'élance, à borgnon, à l'assaut des escayers en se dirigeant, tout comme les grognards de l'empereur au son du canon vers le palier du drame. Arrivée devant la porte des Méru, qui qu'elle voit, la mère Muche? Qui qu'elle voit? Enveloppé du long suaire d'une chemise de nuit au pantet conséquent, le bonnet de coton de traviole, sautant sur place dans une danse digne d'un chef indien ? Le sourd muet, mes belins, le sourd muet, mes braves gones, qui dégognait quasiment la porte à coups de poings, à coups de pieds, à coups de darnier, tandis que, de l'autre coté, le père Méru, le trouillomètre à zéro gueulait  d'une voix pleine de juste courroux : qui que c'est ? Qui que c'est t-y ? vain bleu ! Si vous ne dites pas qui que c'est, moi j'ouvre pas !
La mère Muche a eu tôt fait de mettre les points sur les i : C'est le muet! C'est le muet, sac à papier ! Ouvrez, enfin!
Tous les gens se retrouvèrent en chemise sur le carré. Après complément d'enquête on s'aperçut que le père Méru ayant une fuite d'eau était en train d'inonder les deux sourds muets qui n'en pouvaient mais. Pour couronner le tout, cerise sur le gâteau, rhum sur le baba, le rideau de fer de l'épicerie de la mère Muche, laissant filtrer un trait de lumière. La brave sentinelle de l'armée d'occupation qui s'ennuyait dans sa guérite, n'en ayant guère, d'occupation, après un magistral coup de sifflet à roulettes décida de faire parler la poudre en se payant un carton comme à la vogue. Du coup, fin du réveillon, tout le monde retourna se coucher en vitesse. La mère Muche, bien sûr, incendia le fusilleur en des termes choisis où les mots artoupan, cogne-mou, pillandre, qui revenaient souvent plongèrent le factionnaire dans une profonde hébétude.
Le lendemain, il parait qu'il en demanda des essplications au bistrot d'à coté : was ist Artoupanne ?
Bref ! Je n'ai jamais pu savoir s'il a enfin compris...
Méru coupa l'eau... On donna la main aux muets pour éponger. La balle avait  traversé le chéneau de descente des eaux qui passait près de la porte du mazaguin. On pouvait encore admirer l'impact dans les années soixante et pis y ont refait les façades et la zinguerie ... Aujourd'hui y a plus que moi qui m'en souvienne.
Et voilà, une page d'histoire de France et même d'histoire de Lyon qui se tourne.
Et la mère Muche ? Et ben ils l'ont même pas décorée ... Pourtant y z'en ont décoré des cuchons d'autres  et des finauds qui en avaient bien moins fait. Voui voui, décoré comme des sapins de Noël ...Dame...
On avait encore des rubans à épuiser et c'était pas la Suzon Méru et ses copines qu'avaient vidé les stocks acque leurs kikis.
Comme quoi, c'est toujours les mêmes qui se font tuer comme disait aussi le Touane Favre
En conclusion finable, si vous aussi vous vous demandez : Wass ist ein Artoupan ? Allez donc aux cours de parler Lyonnais des amis de Lyon et de Guignol, y a ben encore des braves gones qui vous y essquepiquerons et pis beaucoup d'autres mots encore.

Jean Belu

Posté par gnafron à 14:44 - Le Courrier des Zamis - Commentaires [0] - Rétroliens [0]