29 novembre 2007
Le fait du Prince
La gauche du PS a renoncé à engager un bras de fer avec Gérard Collomb, le maire sortant, sur la composition des listes socialistes pour les élections municipales de mars prochain à Lyon. Les responsables locaux du courant NPS avaient envisagé de provoquer des primaires dans le but d’imposer un débat sur la composition des listes et sur la stratégie des socialistes à Lyon. Ils ont finalement jeté l’éponge et accepté les places proposées par le maire sortant : 3 à 5 sièges de conseillers d’arrondissement (selon les résultats du scrutin) et aucun représentant au conseil municipal de la ville.
Cette marginalisation d’un courant qui, dans le département du Rhône, représente environ 30% du PS n’est cependant qu’un des aspects de la stratégie déployée par l’actuel maire de Lyon. En effet, Gérard Collomb ne fait pas mystère de sa volonté de présenter des listes composées très majoritairement de personnes n’appartenant pas au PS. L’objectif du maire sortant est d’obtenir un conseil municipal dont les membres ne seront pas des représentants de forces politiques mais des individualités inféodées à sa propre personne.
On devine aisément qu’une telle structuration renforcera encore davantage le pouvoir personnel du maire face à une assemblée municipale censée contrôler son action. Elle lui permettra en outre de nouer toutes les alliances qu’il jugera opportunes.
On voit ainsi que le dévoiement monarchiste de nos institutions (pourtant fort décrié par la gauche au niveau national) n’épargne pas les instances politiques décentralisées.
Guignol
Politologue diplômé en lyonnaiseries
26 novembre 2007
Le paradigme de Philip
Interrogé, jeudi dernier, sur TLM, Thierry Philip, le président du Comité de Soutien à Gérard Collomb, n’a pas craint d’affirmer que Gégé 1er est « de gauche ». Comme le journaliste semblait en douter, le bon Philip s’est voulu démonstratif : « La preuve qu’il est de gauche, c’est qu’il a fait l’aménagement des quais du Rhône, et même qu’il y a planté toutes sortes de végétaux, à l’esqueprès pour ceusses que n’ont pas de maison à la campagne. » C’est pas les mots exacts (à cause que chez les Philip on cause plus volontiers le british que le lyonnais) mais je vous assure que c’est l’argument qu’il a assené au journaliste incrédule.
Pour conclure, Philip s’est voulu prophétique en annonçant que si Collomb gagnait les zélections municipables, c’est son modèle lyonnais qui serait repris au niveau national pour construire la gauche moderne.
Alors là, ça m’a fait comme un coup de tavelle sur le coqueluchon… parce que supporter les Collombineries à Lyon c’est déjà pas une partie de plaisir pour ceusses que sont de gauche, mais alors si, en plus, il fallait les subir au niveau de tout le pays…
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais pour moi parsonnellement je me demande si c’est vraiment rendre service au parti socialisse que de souhaiter la victoire du Gégé… Déjà qu’au PS ils ont tout un cuchon de zèbres néo libéraux à la sauce Valls, sûrement qu’ils n’ont pas besoin, en plus, de la « gauche » à la mode Collombiste…
Gnafron
20 novembre 2007
Z'avez pas vu Gégé ?
Une dépêche AFP datée du 20 novembre nous apprend que François Hollande a assuré que les socialistes seraient très nombreux dans les manifestations de ce mardi pour la défense de la fonction publique.
Mouais… M’est avis que Hollande a dû oublier de passer la consigne à son camarade Gérard Collomb, Sénateur-Merdelion, parce que dans le cortège lyonnais (très impressionnant) il y avait en tout et pour tout 19 manifestants sous la banderole du PS.
Certaines sources généralement bien informées prétendent que le Gégé s’est perdu en cherchant la banderole du Modem…
Gnafron
18 novembre 2007
La presse, l’opinion et le peuple…
Voilà que la presse salariée redécouvre l’existence du peuple !… Enfin, presque…
A l’occasion de la grève des cheminots qui s’opposent à la remise en cause de leurs retraites, la presse salariée fait grand cas de « l’opinion publique » qui, selon les sondages que lui a transmis le gouvernement, serait très mécontente des perturbations engendrées par cette grève.
Ils sont vraiment marioles ces journalistes encartés. Ils s’indignent bruyamment du fait que les grévistes ne respecteraient pas « l’opinion publique »…, mais ils trouvent très naturel que le peuple soit dépossédé de sa souveraineté lorsqu’il s’agit de ratifier le traité européen !
Ainsi, leur prétendu respect de « l’opinion publique » n’a d’égal que leur mépris du peuple.
Voilà qui nous ramène à la monarchie de juillet, où la presse salariée, chantre du Juste-Milieu de Guizot, Thiers et consorts, en appelait à l’opinion contre les revendications sociales des Canuts et répétait à l’envi que « les classes qui vivent uniquement du travail de leurs mains, n’ont point encore acquis assez de lumières pour discerner ce qui convient le mieux à leur intérêt, sans nuire aux intérêts de tous. »
Comme on voit, l’antienne n’est pas nouvelle…
Vivement la République !
Gnafron
07 novembre 2007
Alea jacta est...
Voilà ; c’est fait ! La fraction néolibérale qui dirige le PS a franchi le Rubicon. Elle a décidé de désavouer le peuple en ratifiant les dispositions que le peuple souverain a expressément rejetées par référendum.
A partir de là, il n’y a plus de limites…
Exit la démocratie représentative : les représentants du peuple ne se reconnaissant plus dans le peuple, le peuple ne peut plus se reconnaître dans ses représentants.
Exit l’Etat de droit : le peuple, dépossédé de la souveraineté qu’il tenait de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et que lui garantissait l’article 3 de la constitution de la V° République, ne peut plus rien espérer des institutions.
Les illuminés irresponsables qui dirigent actuellement le PS ne semblent même pas s’apercevoir qu’en prononçant la dissolution du peuple ils se condamnent eux-mêmes à une inévitable disparition. Comment pourront-ils désormais en appeler aux électeurs ? Comment pourront-ils prétendre représenter le peuple ?
Arsène Lefranc
05 novembre 2007
"Toute l'autorité, la tactique et l'ingéniosité ne remplacent pas une parcelle de conviction..."
René CHAR (Feuillets d'Hypnos)