Gnafron_p_juMon voisin du cintième, qui ne s’est jamais acheté de pendule, ni même de réveil, à cause que depuis son garni y regarde par-dessus la rue Ste Catherine et qu’en se penchant un peu y peut voir l’heure au clocher de l’Hôtel de Ville ; mon voisin du cintième, qui me sert parfois de préfacier à cause qu’il a ses entrées dans une maison d’édition des bords du Rhône depuis qu’il y fit publier, il y a quèques années, un ovrage sur l’histoire de notre quartier du bas des Pentes ; mon voisin du cintième, disais-je, qui était si tant admiratif des perruques colorées de Mme Renée, mais qui n’a pas su lui dire plus de trois mots durant toutes ces années qu’elle tenait sa vitrine sur la place des Capucins et qui a été bien soulagé que sa voisine de palier (c'est-à-dire notre voisine du cintième à gauche en montant) pense à lui faire porter des fleurs, en notre nom à tous, à cette pauvre Mme Renée, quand elle a été conduite à l’hôpital, quelques semaines avant de défunter, et même qu’elle en a pleuré tout le jour, elle qui jamais ne reçut le moindre bouquet de la part de tous ces hommes qui, quotidiennement, lui déclaraient leur amour ; mon voisin du cintième, donc, m’a adressé, avant-hier, un morceau de ses écritures à propos d’un nouvel épisode des aventures picrocholines du Gégé Merdelion et de son alcoolyte de la région Rhône Alpes. Je ne suis pas sûr que les zécritures en question vaillent mieux que les gandoises du père Coquard, mais, bon, je vous les livre quand même, en vous laissant le soin d’en faire l’usage que vous voudrez…

Gnafron

Faire converger la gauche…

…ou quand les féodaux se piquent de « modernité »…

Le quotidien Libération, dans son édition du 23 février 2010, publie une tribune intitulée "Faire converger la gauche". Les signataires (parmi lesquels on trouve François Rebsamen, Gérard Collomb et Jean-Jack Queyranne, tous partisans de Ségolène Royal et soutiens de Georges Frêche) entendent faire œuvre de modernité et rompre avec le conformisme en indiquant les choix qui "marqueront notre véritable entrée dans le XXI° siècle".

Il paraîtrait ; à en croire ces nouveaux oracles ; que, désormais "la question démocratique gouverne la question sociale". Voilà qui est quasiment "révolutionnaire" de la part d’élus qui semblaient appartenir au parti socialiste, ou, à tout le moins, en avoir la carte…

Les quelques uns qui s’intéressent encore à la politique en tant que démarche d’organisation de la société ; et non comme une catégorie de spectacle de variétés (ou une survivance de pratiques féodales) ; ne manqueront pas de s’étonner que des membres d’un parti nommé socialiste puissent voir dans la question sociale un élément second, une résultante (autant dire un épiphénomène) et non plus le point central, la question qui détermine toutes les autres.

Peut-on espérer que d’aucuns se souviennent que l’essence même du socialisme est, précisément, l’affirmation de la primauté de la question sociale ?

Nos "modernes" oracles nous proposent rien de moins que de revenir aux théories en vogue dans les premières années du XIX° siècle, aux théories antérieures à la révolution de 1848. C’est dire s’ils sont modernes ! Ce sont des "socialistes" du temps d’avant qu’ait été conçu le socialisme !

On pourrait se contenter d’en rire, si la démarche prétendument moderniste de nos féodaux "socialistes" ne s’inscrivait pas dans un mouvement réellement réactionnaire (au sens strict du terme) et portant une formidable régression. Celle de tenir pour immuables et indépassables les inégalités sociales que génèrent les antagonismes de classe. Bons princes, ils nous proposent cependant de les maintenir dans un cadre rénové et avec la participation de tous.