11 février 2008
Avis de tempête !
Comme nombre d'entre vous, j'ai été abasourdi d'entendre Sarkozy avouer froidement que sa stratégie de bafouer la souveraineté nationale, en faisant désavouer le peuple par le Parlement, lui avait été dictée par les "partenaires" européens de la France.
J'ai été stupéfait qu'aucun journaliste n'ose relever la monstruosité de cette affirmation et désespéré que la prétendue opposition « socialiste » n’y trouve même rien à redire.
Pour être juste, il faut cependant reconnaître que quelques voix de gauche, bien rares, ont fermement dénoncé cette forfaiture. Parmi eux, Henri Emmanuelli. Je vous invite à lire sa réaction (cliquer ici).
S’il y a quelqu’un parmi vous qui peut m’expliquer pourquoi il faudrait aller voter les 9 et 16 mars pour les pitoyables marionnettes qui font profession de tirer les ficelles, qu’il le fasse.
Arsène Lefranc
09 février 2008
La chasse à l'enfant
Julien, adolescent de 16 ans, est mort, suicidé, le samedi 2 février, à l’EPM de Meyzieu (Rhône) où il était censé être "pris en charge".
Il y a beaucoup à dire sur les carences de l’administration pénitentiaire et sur le scandale que constituent ces EPM (prisons qui n’osent pas dire leur nom) qui contribuent à la banalisation de l’incarcération des mineurs..
Il y a également beaucoup à dire sur la politique répressive que les gouvernements de droite (celui-ci et les précédents) mettent en œuvre à l’encontre des mineurs, au détriment de la prévention et de l’éducation.
Il y a surtout beaucoup à dire sur ces magistrats pour qui l’incarcération semble être devenu un réflexe pavlovien.
Il existe désormais un Contrôleur des lieux de détention. Mais qui demande des comptes à ces magistrats qui, au nom du peuple français, envoient et maintiennent en prison des citoyens (enfants et adultes) qui n’y ont manifestement pas leur place ?
La prétendue (et très relative) indépendance de la magistrature ne pourra plus longtemps servir de prétexte à l’irresponsabilité (voire à l’incompétence) de certains magistrats dont la suffisance et l’esprit de caste semblent tenir lieu de déontologie.
Arsène Lefranc
03 février 2008
Les Versaillais
C’est ce lundi 4 février que députés et sénateurs, réunis en Congrès à Versailles, auront à se prononcer sur l’incroyable manipulation que leur soumet Sarkozy, à propos du traité européen, dit « simplifié ».
Il s’agit, rien de moins, que de priver le peuple de la souveraineté que lui reconnaît la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et que garantit l’article 3 de la constitution.
En effet, le pouvoir entend faire adopter par voie parlementaire les dispositions que le peuple souverain a expressément rejeté par référendum. Il veut ainsi utiliser le Parlement pour désavouer le peuple. Autrement dit : dissoudre le peuple.
Les parlementaires (de droite, de gauche et du milieu) qui ne s’opposeront pas à cette grossière et odieuse manipulation se feront complices d’une forfaiture inédite qui ôterait toute crédibilité à nos institutions.
Aucun démocrate digne de ce nom ne pourra cautionner une telle forfaiture. Il sera du devoir de chacun d’entre eux de faire barrage à ceux qui s’en seront faits complices.
Les élections municipales en fourniront une première occasion.
Les députés et sénateurs qui auront désavoué le peuple et, ce faisant, trahi le mandat qui leur a été confié, ne devront pas bénéficier du soutien (et des voix) des démocrates conséquents.
Nous attendons donc impatiemment de connaître les positions qu’adopteront l’actuel maire (Ps) de Lyon, le prétendant (UPM) et leurs affidés respectifs.
(à suivre)
Arsène Lefranc
07 novembre 2007
Alea jacta est...
Voilà ; c’est fait ! La fraction néolibérale qui dirige le PS a franchi le Rubicon. Elle a décidé de désavouer le peuple en ratifiant les dispositions que le peuple souverain a expressément rejetées par référendum.
A partir de là, il n’y a plus de limites…
Exit la démocratie représentative : les représentants du peuple ne se reconnaissant plus dans le peuple, le peuple ne peut plus se reconnaître dans ses représentants.
Exit l’Etat de droit : le peuple, dépossédé de la souveraineté qu’il tenait de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et que lui garantissait l’article 3 de la constitution de la V° République, ne peut plus rien espérer des institutions.
Les illuminés irresponsables qui dirigent actuellement le PS ne semblent même pas s’apercevoir qu’en prononçant la dissolution du peuple ils se condamnent eux-mêmes à une inévitable disparition. Comment pourront-ils désormais en appeler aux électeurs ? Comment pourront-ils prétendre représenter le peuple ?
Arsène Lefranc
24 octobre 2007
Ni droit, ni peuple ?
La presse salariée s’interroge gravement pour savoir si les dirigeants du PS ont tort ou raison d’hésiter entre le vote positif et l’abstention dans la procédure de ratification du traité européen dit « simplifié » que M. Sarkozy veut faire adopter de toute urgence. Lequel traité, quelle qu’en soit la dénomination, n’est que la reprise des dispositions du traité précédent qui, comme chacun sait, a été rejeté massivement par peuple français par voie référendaire.
La véritable question n’est évidemment pas de savoir si la gauche doit voter oui ou s’abstenir. La seule vraie question, la question centrale, et que l’on aurait bien tort d’escamoter, est de savoir si les parlementaires ont le pouvoir légitime de statuer sur une question qui a été antérieurement tranchée par le peuple souverain par voie de référendum.
Du temps où j’usais mes fonds de culotte sur les bancs de la faculté, on nous enseignait un principe qui était présenté comme un élément essentiel de la légalité : « le parallélisme des formes ». Selon ce « grand principe » de l’Etat de droit, ce qui a été fait selon une procédure ne peut être défait que selon la même procédure. Ramené au cas d’espèce, cela signifie que la décision prise par référendum sur le traité européen, ne peut être modifiée que par référendum.
Cela semble d’une logique incontestable. D’autant plus, qu’il n’est pas douteux que l’expression directe du peuple, seul détenteur de la souveraineté nationale (Cf. art.3 de la constitution), est nécessairement supérieure à l’expression de ses représentants.
Je suis impatient d’entendre sur ce point les doctes constitutionnalistes et autres juristes éminents qui, régulièrement, s’invitent sur les plateaux de télé pour faire la leçon au bon peuple.
Vous allez voir que d’aucuns ne vont pas tarder à nous expliquer que le principe, jusqu'alors intangible, du « parallélisme des formes » est soudainement devenu obsolète.
D’ici à ce qu’ils s’imaginent que le peuple est également devenu une notion désuète….
Arsène Lefranc
23 octobre 2007
La souveraineté appartient au peuple...
A propos de la prochaine ratification du traité européen, dit simplifié, version à peine amendée de feu le traité constitutionnel européen que le peuple français a clairement rejeté par référendum, il pourrait être utile de rappeler à nos dirigeants quelques notions de base de la République Française :
« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale… » (art.1 de la constitution) ; « son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. » (art.2 de la constitution). « La souveraineté nationale appartient au peuple … Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice…. » (art.3 de la constitution).
Est-il raisonnable d’espérer que les parlementaires et les dirigeant des partis politiques, appelés par M. Sarkozy à ratifier en catimini la « nouvelle » version du traité européen, se refuseront à bafouer les principes fondamentaux de la République ?
Le cas échéant, nous pourrions leur rappeler que si « Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage » ; ils ne peuvent le faire que « dans le respect des principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. » (art.4 de la constitution).
Arsène Lefranc
22 octobre 2007
Responsable... ou dur de la feuille ?
Ce dimanche 21 octobre, François Hollande a annoncé une prochaine prise de position « collective et responsable » du PS sur le « nouveau » traité européen. Traité qui ressemble furieusement à feu le traité constitutionnel que les citoyens français ont clairement rejeté par référendum.
La position « collective » annoncée ne semble cependant pas empêcher d’ores et déjà les prises de position « individuelles » des anciens propagandistes du Oui (cf. Jack Lang). Mais cela ne surprend guère. D’autant que Hollande ne fait pas mystère du contenu de la suite. Pour éviter tout suspense, il n’hésite pas à mettre le point sur le i d’une position « collective et responsable » dont la première lettre devrait être un o.
Je me demande si le camarade premier secrétaire ne serait pas un peu dur de la feuille.
Il semble qu'il n'ait pas bien entendu le Non de 55% des Français et de près de 60% des électeurs de gauche.
Est-il vraiment "responsable" de prendre ainsi à contre-pied la grosse majorité de ses propres électeurs ?
Arsène Lefranc
05 octobre 2007
Distinguo gorcien
Dans une intervew à Libération, le dénommé Gaëtan Gorce, député prétendument socialiste de la Nièvre, distingue deux catégories de socialistes : les fondamentalistes-conservateurs et les rénovateurs. A l’en croire, les premiers sont ceux qui veulent maintenir les fondamentaux du mouvement socialiste et s’obstinent à vouloir transformer la société. Les rénovateurs sont, d’après lui, ceux qui acceptent la société telle qu’elle est et veulent s’y adapter.
Il me semble qu’il y a comme un défaut dans les propos de ce rénovateur autoproclamé. Parce qu’enfin, les conservateurs c’est quand même ceux qui se satisfont de la société telle qu’elle est ; alors que les rénovateurs c’est plutôt ceux qui veulent la changer.
M’est avis qu’il va falloir offrir une boussole au dépité de la Nièvre… et sans doute aussi à quelques autres !
Arsène Lefranc
17 mai 2007
Extrême-Centre et Juste-Milieu
Comment croire que tant de politiciens puissent se revendiquer du Centre dans une république normalement constituée ? Ce Centre, aussi inconsistant qu’insignifiant, semble être devenu la destination à la mode.
On connaissait déjà les centristes de droite, de gauche et du milieu d’une UDF reconvertie en Mouvement Démocrate.
On nous annonce également la prochaine arrivée d’un parti radical rassemblant, sous la double houlette de MM. Baylet et Borloo, les radicaux de gauche, de droite et du milieu, managés par l’inénarrable M. Tapie.
Voilà encore que les « socio-démocrates », futurs anciens socialistes, en appellent à une alliance avec cet improbable Centre.
Tout cela aurait sans doute beaucoup amusé les sinistres propagandistes de la Monarchie de Juillet, qui ne juraient que par le « Juste-Milieu ».
Il me revient en mémoire la plaisante définition que Lafayette donnait de ce ramassis d’opportunistes que seule unissait une totale absence de conviction : “Quatre et quatre font huit ; dit l’un. Quatre et quatre font dix ; dit l’autre. Vous n’y êtes pas ; dit un troisième, vous êtes dans les extrêmes : quatre et quatre font neuf. Voilà le juste-milieu.”
Arsène Lefranc
21 décembre 2006
Extrait du Bloc-Notes d'Arsène
Ce n’est pas l’objet de la Gauche d’agrandir les champs, les bois, les prés, les maisons et la fortune des nantis, mais bien d’instruire et de favoriser le peuple, de lui assurer le travail et de faire bénéficier les plus démunis de la solidarité nationale. Sur tous ces points, on voit, tristement, ce que les socio-démocrates européens ont fait de la Gauche.
Pendant ce temps, les peuples d’Amérique latine font entendre une autre musique… Evidemment, de ce côté-ci de l’Atlantique, la presse salariée, chantre du Juste-Milieu, ne manque pas d’y voir l’effet d’un populisme dangereux. Dangereux pour qui ?
Arsène Lefranc
